Le rêve américain, entre joie et désillusion : bilan des 6 premiers mois

Le rêve américain, entre joie et désillusion : bilan des 6 premiers mois

Le rêve américain, entre joie et désillusion : bilan des 6 premiers mois

Ahh le rêve américain… Les États-Unis, pays de la démesure et de tous les clichés ! Nous ne savons pas vraiment dans quoi nous nous embarquons à ce moment-là. Quelques doutes, beaucoup de craintes et un peu d’hésitation se bousculent dans nos têtes alors qu’en même temps une certaine forme d’excitation nous envahi… Il faut bien reconnaitre que nous laissons derrière nous notre petite île paradisiaque, une vie tranquille au soleil, un certain confort en-soi. Avons-nous peur de nous ennuyer à long terme ? Cherchons-nous encore des défis à relever ? Qu’importe, car pour l’instant, tout ce que je me demande en apercevant l’immensité de New York depuis le hublot de notre avion, c’est : “Mais qu’est-ce que nous faisons là ?!”.

New York

Un choc culturel

Le mode de vie, la langue, la gastronomie, le climat, les paysages ou encore la population (et la liste est longue !), on peut dire que tout oppose Nouméa à New York. Nouméa, l’insulaire, la balnéaire, l’apaisante, la tranquille… et New York, la démesurée, l’effervescente, l’imposante, la bruyante, la stressante, ce n’est pas pour rien d’ailleurs qu’on l’appelle la ville qui ne dort jamais… Une bataille perdue d’avance.

Times Square

Pendant 6 mois, nous avons fait face à de nombreuses déconvenues et où beaucoup de questions surgissaient, nous obligeant à nous remettre perpétuellement en question. Heureusement, nous avons aussi vécu des moments beaucoup plus positifs, riches en surprises… Alors, me direz-vous, que s’est-il réellement passé pendant cette période et où en sommes-nous vraiment aujourd’hui ? Je vous explique tout ça !

Vue de la couronne de la Statut de la liberté

Retour à notre premier amour… New York

Une fois que vous posez vos yeux sur Big Apple, vous ne pouvez plus jamais l’oublier. New York, c’est un peu le rêve américain dans toute sa splendeur. Fière, haute, imposante, New York force l’admiration. C’est pour cela que nous décidons de débuter notre aventure américaine par la porte d’entrée historique de tout immigrant sur le territoire de l’oncle Sam.

Statut de la Liberté

Statue de la liberté

Nous arrivons donc en terrain “presque” conquis puisque New York a par ailleurs été notre champ de bataille durant un an lors d’une première expatriation en 2011. Les repères reviennent très rapidement : on sait quoi faire, où le faire et surtout comment le faire, ce qui adoucit un peu notre changement de vie. Par chance, nous retrouvons Linda, son mari Ernie et leur chien Trevor, qui sont véritablement notre famille de cœur américaine. Le temps pour nous de trouver un appartement, nous sommes hébergés chez eux dans le New Jersey.

Chez Linda dans le New Jersey

Une organisation colossale

Les premiers jours sont consacrés aux démarches administratives : obtenir un numéro de sécurité sociale, souscrire à un abonnement téléphonique, chercher un appartement à New York… Nous avions déjà fait cela une fois, Craigslist n’avait plus aucun secret pour nous ! Tout est allé très vite puisqu’en une semaine, nous avons trouvé un appartement en coloc’ sur la 116th street à Harlem. (On aura d’ailleurs l’occasion d’en reparler prochainement avec quelques conseils, parce que franchement pour un nouvel arrivant, ce n’est vraiment pas évident pour s’y retrouver).

Harlem

Ce départ pour une nouvelle vie s’annonçait donc être sous les meilleurs auspices… Oui, mais voilà !

  • Erreur numéro 1 : être trop confiant lors de son arrivée

La suite logique a été de chercher un emploi. Nous étions encore dans un état d’esprit très positif, avec – peut-être – un trop-plein d’optimisme sur notre avenir. Au gré de nos différents déménagements, que ce soit en France ou dans d’autres pays, nous avons toujours trouvé assez rapidement du travail…

Oui, mais voilà !

Cette fois-ci, la recherche d’emploi ne s’est pas réellement passée comme prévue. Après avoir vécue presque deux ans hors des sentiers battus, loin du “droit chemin” dans lequel nous pousse la société, je me suis vite rendue compte que j’étais complètement “out” ! Hors-sujet sur la manière de postuler, sur la rédaction d’une lettre de motivation, sur mes performances lors des entretiens (en anglais bien sûr !), ou encore sur les connaissances des nouvelles tendances et innovations dans mon domaine de prédilection. Bref, je n’étais plus un chasseur dans le monde impitoyable de requins que peut être parfois l’industrie… J’étais devenue une petite sardine frétillante ! Ajoutez à cela une solidarité entre français proche du néant, à New York en tout cas, j’ai donc vite déchanté.

Il s’est passé plusieurs semaines pendant lesquelles je ne postulais même plus aux offres d’emploi, puisque dans ma tête, j’étais complètement bloquée. C’est d’ailleurs ce qui m’a permis de développer ce blog, ma seule échappatoire. C’est un mal pour un bien !

Heureusement, nous avons commencé à voir le bout du tunnel quand Greg a décroché un job dans une boite française installée à Miami, avec un poste au titre plus que prometteur… enfin, sur le papier !

Oui, mais voilà !

Au bout d’un mois de travail, son patron lui annonce qu’il ne peut pas le payer. Il y a malheureusement des gens malhonnêtes partout, et ne croyez pas que d’être de la même patrie dans un pays étranger resserre les liens et permet un traitement de faveur… bien au contraire !

Véritable coup de massue, nous venions de toucher le fond.

  • Erreur numéro 2 : sous-estimer financièrement le coût d’une expatriation

Il faut bien l’admettre : nous sommes arrivés aux États-Unis très mal préparés (ceci est sûrement dû à l’erreur numéro 1), avec peu d’économies. Pendant deux ans, nous avons dépensé pas mal d’argent en voyageant énormément. (Faut bien avoir matière à alimenter ce blog aussi !). Bref, on connait tous le sort réservé à la cigale dans la fable de La Fontaine !

Aux États-Unis, tout coûte cher, et encore plus à New York. Les loyers, les transports, l’assurance santé, la nourriture, les loisirs… Tout, je dis bien tout coûte cher ! Il faut donc arriver avec une somme conséquente d’argent, parce que vivre à New York, ce n’est pas rien financièrement, d’autant plus quand on n’a pas de revenus.

Avec un loyer de plus de 1.300 dollars par mois pour seulement une chambre, nous ne pouvions pas continuer longtemps comme ça. Peu à peu, une question devenait omniprésente : “Avons-nous fait une erreur de tout quitter pour venir aux États-Unis ?”.

  • Erreur numéro 3 : “New York, I love you but you overwhelm me”

“New York, je t’aime mais tu me submerges” n’a jamais autant eu de son sens qu’après ces épisodes successifs où nous avons enchaînés les galères puisqu’une dépression post-installation s’est sournoisement installée. Une fois dans notre appartement en coloc’ à Harlem, nous avons commencé à ne plus trouver de points positifs à vivre ici. Nous n’étions pas en vacances à New York, ce n’était pas pour une période temporaire, on allait y vivre pour une durée illimitée. Unlimited ! Et soudain, tout a pris une autre dimension…

Coucher de soleil skyline

L’hiver à New York n’est pas “wonderful”, Central Park n’est pas “amazing” sous la neige, les rues ne sont pas “so cute” recouvertes de boue.

Pendant plusieurs mois, la ville devient glaciale et mettre le nez dehors devient parfois une épreuve ! N’espère pas sortir sans le minimum vital de tout bon New-yorkais qui se respecte, à savoir : une chapka, plusieurs écharpes en laine, au moins deux paires de gants et surtout de méga Moon Boots. Sinon, tu risques de congeler sur place à tout moment ! Le froid va te cingler le visage comme jamais, des tonnes et des tonnes de neige vont s’abattre sur la ville, tu vas devoir marcher dans la rue avec de la boue jusqu’aux genoux…

Bref, Jonas, l’une des plus grandes tempêtes de neige qui a balayé la côte Est des États-Unis a eu raison de nous.

Nous avions besoin d’habiter dans un endroit où le soleil règne en maître tout au long de l’année.

New York sous la neige

D’un jour à l’autre, nous ne trouvions plus les gens si accueillants et la vie new-yorkaise si excitante.

Les New-yorkais n’ont jamais le temps (don’t forget, time is money), ils sont donc stressés, pressés, agités… Bref, ils vivent à cent à l’heure. Et quand ils ne travaillent pas, ils passent leur temps dans les transports en commun. C’est bien connu, métro, boulot, dodo. Nous avions l’impression d’être aspirés dans une vie qui allait beaucoup trop vite pour nous. La plupart des américains vivent pour travailler, alors que nous, nous souhaitons travailler pour vivre.

Nous avions besoin d’un endroit où les gens prennent le temps.

Notre appartement, qui devait être une solution temporaire, le devenait de moins en moins.

3 mois plus tard, nous étions toujours dans une coloc’ de 5 personnes, que l’on commençait à détester. D’appartement correct de prime abord, il est rapidement devenu trop sombre, plutôt sale, assez petit et extrêmement cher. La vue depuis notre chambre donnait sur un autre immeuble et nous avions l’impression de vivre dans une boite totalement noyée parmi des milliers d’autres.

Nous avions besoin d’espace et d’air frais.

♦ Le concert des klaxons, des sirènes d’ambulances ou encore les excès de décibels sont devenus insupportables.

Qui n’a pas rêvé des célèbres taxis jaunes new-yorkais, de l’ambiance unique de Times Square ou des ambulances qui réveilleraient un mort à la moindre sirène ? New York a cet espèce de bruit ambiant typique et mondialement connu… Seulement au quotidien, ça peut rapidement devenir un véritable cauchemar ! Et quand nous avons commencé à nous focaliser dessus, impossible de nous en défaire : New York est beaucoup trop bruyante pour nous.

Nous avions besoin de calme et de tranquillité.

Une image qui ne nous correspondait plus

Rapidement, nous nous sommes aperçus que l’image que nous avions de New York était totalement faussée par des souvenirs que nous avions idéalisés. New York est et restera toujours la même, c’est nous qui avons changé. Et malheureusement, pendant les 4 mois où nous sommes restés à Big Apple, en attendant que la situation évolue, nous n’avons vraiment pas profité de cette chance d’être dans la capitale du monde. On manquait d’air, de soleil, de plage, de nature, de calme et de tranquillité.

On s’est dit qu’il fallait que ça change. Ces dernières années, nous avons beaucoup déménagé que ce soit en France ou ailleurs, nous entreprenons de nombreux projets, ce qui nous procure ainsi un certain avantage : nous savons rebondir assez rapidement devant n’importe quelle situation et nous ne craignons pas de prendre parfois des décisions radicales.

Du jour au lendemain nous posons le préavis pour notre appartement. La décision est prise : fin février 2016, nous quittons les États-Unis, et abandonnons notre Carte Verte si chèrement acquise.

Oui, mais voilà !

Fin février, nous sommes effectivement partis de New York… mais nous ne sommes pas allés très loin finalement ! Une dizaine de jours avant notre départ définitif, alors que nous hésitions sur notre prochaine destination, j’ai reçu une proposition d’emploi dans une entreprise qui me plaisait, avec un poste qui m’intéressait, dans l’État que l’on désirait… C’était inespéré… Direction le Sud de la Floride !

Miami Beach

Ni une, ni deux, nous avons fait nos valises, et nous avons débarqué à Fort Lauderdale située à une trentaine de minutes de route au nord de Miami. Une situation qui ne pouvait pas être plus parfaite puisque nous retrouvions enfin tout ce qui nous manquait jusqu’à présent : la chaleur, le soleil, la mer et la plage… Bref, le bonheur !

Tout s’est enchainé très rapidement. Grâce à d’autres français rencontrés sur place (enfin un endroit où ils sont solidaires !), nous avons trouvé facilement un appartement. Greg a également décroché un boulot dans une start-up lancée par – encore – un français.

Un second souffle

Aujourd’hui tout va mieux, nous avons su rebondir à temps. On commence doucement à profiter de la Floride et de son extraordinaire environnement, le plus dur de l’installation ayant été accomplie. On aura d’ailleurs l’occasion de reparler très prochainement de cette douce vie dans le Sunshine State !

Moralité de l’histoire : une expatriation ça se prépare. Ne faites pas comme nous. Plutôt que de parcourir le désert australien, grimper au sommet d’un volcan hawaïen et plonger dans les eaux calédoniennes, installez-vous confortablement devant votre ordinateur et potassez votre expatriation ! Même si on a eu extrêmement de chance de décrocher une Green Card, rien n’était joué d’avance. On reconnait être privilégiés, certes, mais il faut savoir se bouger, rester humble et se donner les moyens de réussir. Quoi qu’il en soit, même après toutes ces galères, si c’était à refaire on ne changerait strictement rien… Masos nous ? Pas du tout ! On aime le challenge, fuir la routine et tout simplement vivre nos rêves 🙂

Échappée belle au Bill Baggs Cape Florida sur Key Biscayne

Échappée belle au Bill Baggs Cape Florida sur Key Biscayne

Échappée belle au Bill Baggs Cape Florida sur Key Biscayne

S’il y a bien une chose qui nous plait énormément aux États-Unis, c’est le nombre impressionnant de parcs nationaux, de réserves naturelles ou de parcs d’État ouverts au public. Souvent très bien aménagés, ces parcs permettent de s’évader facilement dans la nature, à pied, en vélo, en kayak ou en canoë… les possibilités sont infinies ! Ce sont de vrais petits écrins de nature, souvent pris d’assaut les week-ends, mais il faut bien le dire, les américains se limitent généralement à la zone barbecue et/ou baignade ! Du coup, même en période de pointe, vous aurez le cœur du parc pour vous tout seuls !

Explorer de nouveaux territoires

Nous avons l’habitude d’aller dans les Everglades, parc national très connu en Floride (on aura d’ailleurs l’occasion d’en reparler dans de prochains articles !) mais nous souhaitions changer et découvrir un tout autre endroit du Sunshine State. Après avoir lu l’article de Bertille et Mathieu du blog All I need is green vantant les mérites de cet endroit, il n’en fallait pas plus pour aiguiser notre curiosité…

À notre tour, nous prenons donc la direction de Bill Baggs Cape Florida State Park situé sur la presqu’île de Key Biscayne au sud de Miami !

Phare de Key Biscayne

Enfin de vrais sentiers de randonnée !

Il faut préciser qu’après un passage en Nouvelle-Calédonie, on est presque devenus de véritables adeptes de randonnées ! Presque hein ! Alors forcément, depuis notre arrivée aux États-Unis on cherche à se dégourdir les jambes le temps d’une journée, mais ce n’est pas évident de trouver de quoi satisfaire nos envies !

Et là, révélation ! Il existe quelques sentiers sympas pour se balader au Bill Baggs Cape Florida. Ce ne sont pas non plus de grandes randonnées, puisqu’en 1h ou 2h max, vous en avez fait le tour, en tout cas c’est déjà mieux que rien ! Nous décidons de longer dans un premier temps la côte où les pêcheurs s’adonnent à leur passion.

À cet endroit, c’est envahi de gros iguanes pas très craintifs qui se font dorer la pilule au soleil, et que nous avons pu -enfin- prendre en photo… depuis le temps !

Iguanes

Vous arriverez ensuite à No Name Harbor, une baie dans laquelle les bateaux viennent jeter l’ancre ou accoster.

Key Biscayne

Vous êtes déjà presque arrivés à la fin du sentier, qui longe la mangrove jusqu’à un point de vue, d’où il faudra faire demi-tour. Et pour changer d’itinéraire, nous sommes revenus par le Nature Trail, un chemin plutôt sympa qui traverse la forêt, et qui est propice à l’observation des animaux.

Key Biscayne

Nous tomberons même face à face avec un raton-laveur à la recherche de nourriture, et pas très heureux de nous voir contrairement à nous ! 🙂

Raton laveur

Le Cape Florida Lighthouse, idéal pour prendre de la hauteur

Nous avons de la chance, nous passons devant le phare juste avant que le gardien n’en ferme les portes. Cela nous permet de monter au sommet du phare de Cap Florida, d’une hauteur de près de 30 mètres. Pour l’anecdote, construit une première fois en 1825, endommagé pendant la Seconde Guerre Seminole (Guerre de Floride), puis reconstruit en 1846, ce phare reste le bâtiment le plus ancien de tout le Comté de Miami-Dade. Du coup, il est très prisé, donc pour atteindre son sommet il faudra être patient et faire la queue…

109 marches plus haut, nous voilà face à un panorama exceptionnel sur le parc, la plage, ainsi que la pointe Sud de Miami. Le balcon circulaire au sommet du phare est très étroit… ceux qui ont le vertige, s’abstenir !

Lézarder sur l’une des plus belles plages américaines

Après avoir bien transpiré pendant cette journée, c’est dégoulinant de sueur que nous nous posons enfin sur cette superbe plage longue de plus de 1500 mètres, qui m’appelait mentalement depuis le matin ! Il faut savoir qu’au mois de mai en Floride, il fait déjà vraiment très chaud et humide.

Key Biscayne

Manque de pot, il n’y a pas un brin d’ombre, nous n’avons bien évidemment pas apporté de parasol, et les locations sont pleines à craquer. Tant pis, on va rôtir comme des jambons en plein soleil ! L’eau est très chaude, pas une vague à l’horizon, c’est un plaisir de se baigner sur cette plage !

Key Biscayne

Par contre, attendez-vous à être entourés de centaines de personnes… On a connu plus intime comme endroit ! Comme des moutons, nous nous sommes agglutinés aux américains… Sachez que si vous vous éloignez du phare, vous serez plus tranquilles. (On s’en est aperçus trop tard : l’erreur du débutant !). Malgré tout, l’eau transparente et turquoise nous rappelle celle de Nouvelle-Calédonie, et il faut quand même signaler que cette plage fait partie des 10 plus belles plages des États-Unis !

Key Biscayne

Pas encore rassasié ?

Il y a bien d’autres choses à faire dans le parc ! Vous pouvez notamment faire des barbecues et pique-niquer sur les tables mises à disposition un peu partout, pêcher, faire du snorkeling, du canoë ou du kayak, amarrer votre bateau ou faire du vélo. Si vous n’êtes pas équipés, des vélos, canoës et kayaks sont en location dans le parc. Bref, passer une journée à Key Biscayne, c’est un vrai bon plan pour décompresser !

INFOS & ASTUCES

#1 : Ouvert de 8h au coucher du soleil, l’entrée au parc est payante : 8$/voiture, jusqu’à 8 personnes, ça laisse de la marge ! Si vous êtes seul, rassurez-vous, on ne vous demandera “que” 4$.

#2 : A noter qu’il n’y a aucune zone d’ombre sur la plage, pensez bien à prendre un parasol ! Si vous préférez, vous pouvez également louer du matériel sur place: 1 parasol + 2 transats pour 20$.

#3 : Je ne saurais pas vous dire les horaires d’ouverture du phare… Sur place, il est indiqué n’être ouvert qu’à 10h et 13h, du jeudi au lundi. Sur le site Internet, il serait ouvert de 9h à 17h du jeudi au lundi. Mais quand nous avons demandé au ranger sur place, il nous a dit qu’il était ouvert uniquement à 10h et 13h, du vendredi au mardi. Bref, c’est à n’y rien comprendre ! Quoiqu’il en soit, si vous avez de la chance, vous pourrez monter au sommet du phare gratuitement, pour admirer une superbe vue sur le parc et la pointe Sud de Miami !

Quelles démarches après avoir été tiré au sort à la loterie de la Carte Verte ?

Quelles démarches après avoir été tiré au sort à la loterie de la Carte Verte ?

Quelles démarches après avoir été tiré au sort à la loterie de la Carte Verte ?

Vous faites partie des heureux gagnants de la loterie américaine ? Félicitations ! Mais sachez que le parcours du combattant ne fait que commencer pour obtenir votre Carte Verte. Alors, par où commencer une fois que vous venez de lire “You have been selected…” sur votre écran ? Voici toutes les étapes à franchir pour décrocher le précieux sésame !

Greg était le gagnant, et nous n’étions pas mariés, je n’avais donc légitimement pas le droit à la Carte Verte. Notre cas étant particulier, vous pouvez suivre en orange comment les démarches ce sont déroulées pour nous… Et comme vous verrez, on n’aime pas les choses simples !

Oncle Sam I Want You

1/ Déchiffrer son Case Number

Chaque personne sélectionnée se voit attribuer un numéro (ou Case Number), selon l’ordre du tirage au sort. Et la première chose à faire est donc de le regarder, puisqu’il va conditionner l’ordre de passage à l’ambassade. Voici un exemple : 2015EU000014350. Cela signifie que vous avez joué à la DV2015, que vous êtes inscrit pour le quota Europe, et surtout… que votre numéro est le 14 350. Plus ce numéro est bas, plus vous avez de chance d’avoir un entretien rapidement à l’ambassade et d’obtenir votre Carte Verte. (Si bien sûr vous remplissez toutes les conditions requises…).

Petit rappel : Chaque année, le gouvernement américain tire au sort plus de 100 000 personnes, alors qu’il ne délivre que 50 000 Cartes Vertes. Cela veut donc dire que plus de la moitié des sélectionnés n’auront jamais le précieux sésame en poche au final, alors ne vous réjouissez pas trop vite. (Oui, enfin, évitez de vendre votre appart et de quitter votre boulot dans l’euphorie quoi !). Ce n’est pas parce que vous êtes sélectionné que vous aurez une Green Card ! De plus, vous êtes sélectionné pour une année fiscale, qui va de septembre à septembre d’une année sur l’autre. Passé ce délai, vous perdez vos droits…

En ce qui nous concerne, nous avions eu comme Case Number le 2014EU00035xxx. Ce n’était pas un super numéro, parce que cela signifie qu’il y avait beaucoup de personnes avant nous et que si le processus aboutissait, cela allait prendre plusieurs mois !

Tableau d'équations

2/ Remplir un dossier

Mise à jour 2018 : la procédure a été “simplifiée” car dorénavant le document à remplir est le DS260 et cela se fait en ligne. Cependant les documents justificatifs à rassembler afin de monter le dossier restent les mêmes.

Une fois que vous avez en tête votre numéro, vous devez remplir un dossier et le renvoyer au KCC (Kentucky Consular Center) qui gère les visas, le tout accompagné de 2 photos d’identité au format américain (5 x 5 cm), et la première lettre de notification imprimée (celle où on vous a dit que vous étiez sélectionné). C’est assez simple à faire si l’on suit correctement les consignes. Pensez à bien noter votre Case Number en haut à droite sur chaque feuille (ils sont très pointilleux les Américains !). Voici les deux documents à remplir :

  • Form DS230 Part I et Part II

La partie I du DS230 concerne votre état civil, ainsi que des infos sur votre conjoint et vos parents, les endroits où vous avez vécu, vos différents emplois, vos diplômes, etc. Attention, il vous est demandé une adresse aux États-Unis. C’est à cette adresse que sera envoyée votre Carte Verte. Vous pouvez inscrire le nom d’un ami, peu importe qui c’est, il faut juste que ce soit quelqu’un de confiance !

La partie II consiste surtout à faire des déclarations sur l’honneur… Cochez NON partout ! (En assumant que vous ne prévoyez pas un attentat dans les prochaines semaines !).

Un exemplaire est à remplir pour chacun des membres de la famille qui va immigrer avec le gagnant.

  • Form DSP122

Les questions sont générales et demandent votre adresse, l’ambassade où vous souhaitez être interviewé (la plus proche de votre lieu de résidence), votre activité professionnelle, vos précédents employeurs, vos études… Rien de bien compliqué encore une fois, répondez juste de façon claire aux questions, et surtout ne vous inventez ni des employeurs ni des diplômes… (Car oui, en plus d’être très pointilleux, les Américains ne supportent pas les mensonges !). Quoi qu’il en soit, ils ne sont pas fous et vont vous demander les justificatifs !

A remplir uniquement par le gagnant de la Carte Verte, celui qui a été tiré au sort. Le conjoint et les enfants ne le remplissent pas.

Dès notre sélection, Greg a renvoyé un dossier mais ne m’a pas mentionnée puisque nous n’étions pas mariés. Une fois la bague au doigt, nous avons renvoyé des nouveaux formulaires en informant le KCC du changement de situation en joignant un certificat de mariage. Comme nous avions également déménagé en Nouvelle-Calédonie, nous avons dû changer d’ambassade : l’entretien n’aura plus lieu à Paris mais à Fidji ! J’ai donc rempli un autre DS230 pour moi, afin que l’on soit bien pris en compte tous les deux. (Il n’allait pas partir sans moi quand même !).

Help

3/ Attendre que votre numéro soit current

Une fois que vous avez envoyé votre dossier, il n’y a plus qu’à attendre ! Mais pas bêtement ! Chaque mois, il faut surveiller le Visa Bulletin, publié par le KCC, qui indique quels sont les Case Numbers qui auront le privilège de recevoir enfin une date d’entretien à l’ambassade ! Les bulletins peuvent être consultés au début de chaque mois ici. Par exemple, il est possible de consulter le bulletin de février 2016 :

Visa Bulletin

Pour le lire, rien de plus simple… Vous choisissez votre région et regardez le chiffre qui se trouve juste à côté. En supposant que vous êtes en Europe, pour le mois de février 2016, les Case Numbers jusqu’à 19 100 vont être appelés. Quelques jours plus tard, vous allez recevoir un mail avec un lien vous permettant de vous connecter sur le site sur lequel vous avez consulté vos résultats… et c’est là que vous verrez la date, l’heure et le lieu de votre rendez-vous ! C’est noté ? Allez, c’est maintenant l’heure d’aller faire un petit check-up chez le médecin !

Notre entretien était prévu pour le 3 juillet 2014… Hors, notre mariage était le 4 juillet ! Nous avons donc dû décaler la date, ce qui nous a valu de sérieux coups de stress et nous avons failli perdre la Carte Verte. Un vrai conseil, ne JAMAIS décaler son entretien ! Cela complique énormément les choses, surtout si l’année fiscale touche à sa fin, ce qui était notre cas. Nous avons donc eu les derniers visas de toute la zone Europe… Quand je vous dis qu’on était au bord de la syncope !

Salle d'attente

4/ Rendez-vous médical

Une fois que vous avez votre date d’entretien, vous pouvez prendre rendez-vous chez le médecin afin de faire une radio des poumons, une prise de sang et un check-up. (Ayez bien vos vaccins à jour !). Attention, pas n’importe quel médecin, il faut qu’il soit agréé par l’ambassade ! N’ouvrez surtout pas l’enveloppe contenant les résultats… Ceci est une cause de refus à l’ambassade…

Il ne sert à rien de prendre rendez-vous chez le médecin avant de connaitre votre date d’entretien à l’ambassade. Les résultats mettent une semaine maximum à être rendus si tout se passe bien.

Si vous avez suivi, nous habitons en Nouvelle-Calédonie, mais nous sommes partis en “vacances” à Fidji afin de passer l’examen médical et l’entretien à l’ambassade. L’examen médical a pris une bonne demi-journée : le temps de faire le check-up chez le médecin, et d’aller à l’hôpital afin de faire une radio des poumons. Je n’ai plus de carnet de vaccinations depuis longtemps, heureusement que le médecin était plutôt compréhensif et que c’est passé comme ça…

5/ Préparer ses documents pour l’entretien

C’est l’étape la plus cruciale du processus… Entre les documents obligatoires et ceux que je vous conseille fortement, voici la liste :

  • 2 photos d’identité au format américain
  • Deuxième lettre de notification contenant la date du rendez-vous à l’ambassade
  • Passeport
  • Examen médical
  • Diplôme du BAC + autres diplômes
  • Certificat de naissance
  • Extrait de casier judiciaire (vierge bien entendu !)
  • Certificat de mariage si nécessaire
  • Documents envoyés au préalable au KCC
  • Argent pour payer les frais de visa
  • Preuve de votre capacité à vous assumer financièrement aux US (relevés bancaires…)

Lorsque les couples se marient après la sélection, l’ambassade américaine n’apprécie pas trop et cela peut vite paraitre suspect. Il faut donc absolument apporter des preuves de votre relation, à savoir des anciennes photos, des factures/loyers/comptes à vos deux noms, des échanges de mails… bref tout ce qui prouve votre relation ! Une particularité également dans notre cas : l’ambassade était à Fidji, nous avons donc dû faire traduire tous nos documents en anglais !

6/ Passer l’entretien à l’ambassade

Les interviews se passent généralement le matin, alors le jour J, levez-vous tôt et habillez-vous bien ! Enfin, pas spécialement en costume-cravate, mais essayez quand même de renvoyer une bonne image de vous, je pense que c’est important. Pour entrer dans l’ambassade, vous devrez passer par un portillon de sécurité : faites attention, les sacs à dos ne sont pas autorisés à l’intérieur. Comme vous êtes prévoyant, vous avez préparé vos documents au moins une semaine à l’avance, histoire de vérifier qu’il ne vous manque rien… et tout est bien rangé dans une pochette pour ne pas faire perdre de temps à l’agent consulaire.

Avant l’entretien “officiel”, on vous appellera à un premier guichet où une personne vérifiera vos documents et vous demandera de vous acquitter de $330 par personne. Ensuite, vous devrez patienter jusqu’à ce qu’une deuxième personne vous appelle pour l’entretien, le vrai ! Respirez un grand coup, relaxez-vous, ça va bien se passer ! Généralement ça ne dure pas plus de 10/15 minutes.

A l’issu de l’entretien vous saurez tout de suite ce qu’il en est :

  • vous avez réussi votre entretien, l’agent consulaire vous a gratifié d’un “Welcome to the USA !” et c’est l’un des plus beaux jours de votre vie…
  • vous avez partiellement réussi et l’agent consulaire vous met en Administrative Processing… Il lui manque des documents ou alors il a une suspicion sur quelque chose et souhaite vérifier… Ayez les nerfs solides car cela peut durer très longtemps ! Rappelez-vous que vous devrez avoir votre Carte Verte avant le mois de septembre sinon vous perdrez vos droits… Alors dépêchez-vous de lui fournir les documents qu’il souhaite !
  • vous avez échoué pour une quelconque raison… Il n’est malheureusement pas possible de faire appel…

Nous avons eu peu de questions. Les voici : “Que faisiez-vous pendant votre stage aux US (moi) ?”, “Comment vous êtes-vous rencontrés ?” – ce à quoi Greg a répondu très fier de lui “Because I love her !” on peut dire qu’il a rien compris à la question (sûrement le stress), heureusement que l’agent consulaire avait de l’humour ! Et une ou deux questions générales dont je ne me souviens plus, mais rien de bien méchant.

Zen Attitide

7/ Attendre de recevoir son passeport contenant le visa temporaire !

Vous avez passé l’entretien avec succès, alors bravo ! Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre de recevoir votre passeport chez vous avec un visa temporaire, valide 6 mois ! Vous avez donc 6 mois (et pas un jour de plus) pour mettre le pied sur le sol américain et déclencher la fabrication de ce petit bout de plastique vert, renouvelable tous les 10 ans ! Allez, vous pouvez maintenant penser à votre nouvelle vie, bonne installation aux US !

Une fois nos passeports reçus, nous avons validé notre Carte Verte en entrant sur le territoire américain pour des vacances… à Hawaï ! C’est seulement un an plus tard que nous avons fait le grand saut, et que nous sommes partis nous installer aux États-Unis.

Visa Green Card

CHRONOLOGIE DE NOS DÉMARCHES

  • Octobre 2012 : Participation à la loterie DV2014
  • 1er mai 2013 : Sélection à la loterie
  • Mai 2013 : Envoi des documents au KCC
  • Janvier 2014 : Greg déménage en Nouvelle-Calédonie
  • Juin 2014 : Je le rejoins à l’autre bout du monde
  • 3 juillet 2014 : Entretien programmé à l’ambassade de Fidji, mais décalé car on n’était pas encore mariés !
  • 4 juillet 2014 : Mariage en Nouvelle-Calédonie
  • 28 juillet 2014 : Visite médicale à Fidji
  • 30 juillet 2014 : Entretien à l’ambassade de Fidji
  • 7 août 2014 : Obtention de nos visas temporaires
  • 29 novembre 2014 : Validation de la Carte Verte, en passant la frontière américaine pour des vacances à Hawaï
  • 14 novembre 2015 : Installation aux US !

Il nous aura donc fallu presque 2 ans de procédure entre le moment où l’on a joué à la loterie, et le moment où nous avons obtenu notre Carte Verte ! Nous avons compliqué chaque étape du processus en déménageant à l’autre bout du monde et en nous mariant à la dernière minute… donc si vous ne voulez pas souffrir d’un ulcère de l’estomac maintenant, surtout ne faites pas comme nous !

Pour ceux qui souhaitent comprendre plus précisément nos démarches, c’est par ici (tout en bas de la page !).

INFOS & ASTUCES

#1 : Contrairement à ce que l’on peut croire, vous n’avez absolument pas besoin d’un avocat pour faire les démarches ! Si vous suivez bien le process, je dirais même que c’est facile, pas besoin d’être bilingue, il suffit juste d’un peu de bon sens…

#2 : Tout au long du process, il faut absolument être honnête ! Les américains détestent les mensonges et ne négocient pas, ce sera un refus direct. Pareil s’ils ont une quelconque suspicion envers vous.

#3 : L’adresse du KCC est la suivante :

U.S. Department of State Kentucky Consular Center 3505 North Highway 25W Williamsburg, KY 40769 U.S.A.

Envoyez bien votre dossier en recommandé avec accusé de réception.

#4 : Je vous donne l’adresse d’un forum qui m’a sauvé la vie pendant tout le processus. Si vous comprenez l’anglais, ce site est une mine d’information !

Le jour où nous avons gagné la Green Card à la loterie américaine

Le jour où nous avons gagné la Green Card à la loterie américaine

Le jour où nous avons gagné la Green Card à la loterie américaine

Il y a des moments comme ça dans la vie, où l’on a l’impression que le destin nous fait un signe. D’une seconde à l’autre, le chemin tout tracé sur lequel on se trouve est remis en question, et tout se chamboule. Pour nous, ce fut le 1er mai 2013. A 18h précises.

Petite précision: La carte verte ou carte de résident permanent permet aux citoyens non-américains de s’installer et de travailler légalement aux États-Unis sans besoin de visa. En résumé, on peut rester sur le territoire tant qu’on veut, travailler où l’on veut, et pour qui l’on veut. La liberté, la vraie !

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Un bref retour en arrière

Après 1 an passé près de New York en 2011-2012, retour à la case départ pour faute de visa de travail encore valable. Case départ = France. Retour difficile, on s’était habitués à notre vie américaine et l’envie d’en partir n’était pas forcément là. Mais les américains et leurs visas, ça ne rigole pas. Décrocher un contrat de travail sans avoir de visa relève du miracle, tandis que pour avoir un visa, il faut un travail. Bref, c’est un peu le serpent qui se mord la queue. Les visas de travail sont rares, chers et il faut trouver une entreprise qui non seulement sera capable de vous payer le précieux sésame mais qui également vous attendra pendant des mois de paperasses administratives. J’espère que vous avez des compétences exceptionnelles dans un domaine ultra-pointu. Sinon vous êtes foutus.

Dès notre retour en France, nous nous sommes donc mis en quête de Visa. Mais Visa ne se montre pas facilement, et après quelques entretiens téléphoniques, nous avons vite compris qu’il allait falloir passer au plan B : la loterie américaine. Nous avons également pensé au plan C : épouser le pompiste de la station essence près de mon travail qui se proposait pour m’obtenir des papiers… Gloups ! Euh… oubliez le mariage blanc, c’est foireux.

Elle tombait plutôt bien cette loterie, puisque l’inscription avait lieu seulement 2 mois après notre retour, en octobre 2012. Entre temps, on s’était refait une petite situation confortable : chacun un emploi sur Lyon, un appart sympa, des copains. Le top. Mais bon, la loterie était gratuite alors sans trop y croire, une photo d’identité et un tout petit questionnaire plus tard, nous voilà tous les deux enregistrés pour tenter de gagner la carte verte. Résultat du tirage au sort six mois plus tard.

Le 1er mai 2013, le jour où tout a basculé

“Résultats DV lottery”. Voilà ce qui était écrit en rouge dans mon agenda. A 18h, je vérifie consciencieusement mes résultats. Négatifs. Je n’ai pas été sélectionnée. Pas de réelle déception, cela faisait longtemps que j’étais passée à autre chose. Le temps avait fait son œuvre, et nous ne sommes pas du genre à mettre tous nos œufs dans le même panier. En mai 2013, on avait des projets pleins la tête. Je venais de décrocher un CDD sur Paris dans la boite de mes rêves, et Greg était en pourparler pour un poste en Nouvelle-Calédonie pour début 2014. On avait également des rêves d’Australie. Alors je peux vous dire que les États-Unis, c’était devenu un peu le dernier de mes soucis. C’était beaucoup moins le cas pour Greg.

“You have been selected…”

Voilà les quelques mots qui peuvent changer votre vie. Greg a été sélectionné. Le premier truc qui me vient à l’esprit c’est “Et m%#@, mais qu’est-ce qu’on va faire ?”. Pour être honnête, je n’y croyais pas du tout. Être tirés au sort alors que c’est la 1ère fois que l’on joue, ça relève du miracle. Ou du destin. Au choix. Mais que faire alors qu’on se retrouve enlisés dans une équation à 4 inconnues. On récapitule ?

Bon, je vous avoue aussi que le choc passé, on était contents. Très très contents même !

9 374 191 participants et 14 633 767 si l’on compte les conjoints et enfants

C’est le nombre de personnes dans le monde ayant joué à la loterie de la carte verte en 2012 appelée Diversity Visa. Sur ce nombre astronomique de participants, seuls 140 660 ont été tirés au sort. Pour 50 000 visas. Vous comprenez alors que même une fois tirés au sort, le parcours du combattant n’est pas fini. Et que plus de la moitié seront déçus. Dont peut-être nous. Alors règle numéro 1 : ne pas s’emballer.

Continuer à vivre nos rêves et avancer…

Tant que la carte verte n’était pas dans nos mains, hors de question pour nous de faire un choix. Le processus peut prendre jusqu’à 18 mois, voire 24 mois si vous faites traîner les choses. C’est ce que nous avons fait. Nous avons donc continué tranquillement notre vie. J’ai bien fait le CDD de mes rêves à Paris pendant 1 an, puis j’ai rejoint Greg en Nouvelle-Calédonie qui était déjà parti 6 mois avant moi. Et nous avons même voyagé 5 semaines en Australie. Alors oui, nous avons du jongler avec beaucoup de situations bancales, compliquant toutes les démarches du processus, ainsi que des situations de stress intenses. Nous nous sommes mariés en Nouvelle-Calédonie, sommes partis aux Îles Fidji pour un entretien à l’ambassade américaine et avons validés nos cartes vertes en entrant sur le territoire américain à Hawaï. Il y avait beaucoup plus simple comme démarche ! Mais vous verrez que nous, on n’aime pas les choses faciles. Une fois notre carte de résident permanent en poche, on a décidé de profiter de la Nouvelle-Calédonie pendant encore 1 an et de ne pas nous précipiter dans une vie à 100 à l’heure. Mais avant la date buttoir, le 26 novembre 2015, plus le choix, il nous fallait retourner aux US sous peine de perdre nos droits. Oui parce que bon, le but premier d’une carte verte, c’est quand même de vivre sur le territoire américain…

0.015 % de chance d’être tiré au sort

Et pourtant on a gagné ! Du 1er coup même ! Le destin, il faut savoir le provoquer. Il faut aller le chercher. C’est ce que font la plupart des participants en jouant à la loterie. “Jouer”, ce terme est d’ailleurs ironique. En faisant beaucoup de recherches sur Internet concernant cette loterie, j’ai également découvert l’envers du décors. Parmi les 9 399 747 de participants, la plupart sont des gens désespérés, provenant souvent de pays pauvres ou en guerres (beaucoup de participants viennent d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Asie), et qui espèrent un jour fouler le sol américain afin d’accéder à une vie meilleure. Ce n’est pas un jeu pour eux. Cela fait parfois 5 ou 10 ans qu’ils tentent la loterie pour échapper à leur quotidien. La plupart du temps sans succès. Ceux-ci doivent avoir au minimum le baccalauréat, et de l’argent pour prouver qu’ils ne seront pas une charge pour les US. Il y en a peu qui passent le test et l’entretien à l’ambassade. Indirectement, cette loterie profite également à des escrocs, ceux qui rackettent de l’argent aux gagnants, ou imposent un mariage arrangé afin de faire venir également une cousine, une sœur, ou une connaissance, aux États-Unis. Un vrai trafic s’est instauré autour de cette loterie. Et quand ces personnes sont recalées à l’entretien, elles se retrouvent mariées avec quelqu’un qu’elles ne connaissent pas. Pour la vie. Voilà une autre réalité de cette loterie.

Et puis il y a ceux, comme nous, à qui la vie sourit, et dont le destin a décidé d’ouvrir une autre voie. Pas pour une vie meilleure non, mais pour une vie différente, dans un pays où le rêve américain semble encore possible. Et c’est peut-être là notre avenir…

Vous venez de gagner la loterie ou vous êtes simplement curieux, et vous voulez savoir en détail notre parcours ? C’est par !

INFOS & ASTUCES

#1 : L’inscription à la loterie a lieu une fois par an, généralement au mois d’octobre, et ce pendant 30 jours environ. Toutes les infos concernant la loterie américaine sont sur le site officiel du Bureau des Affaires Consulaires.

#2 : La loterie est totalement GRATUITE. Attention, il existe beaucoup d’arnaques sur Internet et de faux sites qui vous demanderont de payer. C’est très facile de faire les démarches seuls ! Voici l’unique lien officiel pour participer à la loterie :  dvlottery.state.gov.

#3 : Assurez-vous de remplir les 3 caractéristiques suivantes avant de vous inscrire, sinon vous serez disqualifié d’office :

  • Avoir plus de 18 ans.
  • Être titulaire du baccalauréat ou avoir au minimum 2 ans d’expérience dans un emploi qualifiant pour les US (liste disponible sur O*NET OnLine).
  • Être né dans un pays éligible pour la loterie (la liste varie d’une année sur l’autre) – A noter que des cas particuliers s’appliquent pour ce critère, allez voir sur le site du Bureau des Affaires consulaires pour plus d’informations.

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