Costa Rica #5 – Face aux couleurs incroyables du Rio Celeste

La plupart des touristes ne se rendent pas au Parque Nacional Volcán Tenorio, situé au coeur de la Cordillère de Guanacaste, pour observer son volcan. Recouvert par la végétation et culminant à 1.916 mètres d’altitude, celui-ci est en effet éteint depuis bien longtemps. Non, non, si les visiteurs les plus téméraires se rendent jusque-là, c’est pour admirer le Rio Celeste, une rivière aux couleurs extraordinaires traversant le parc national.

La légende raconte que lorsque Dieu termina de peindre le ciel en bleu, il rinça ses pinceaux dans le Rio Celeste.

Partis de La Fortuna, nous longeons les rives du Lac Arenal en direction de Bijagua, une petite ville située près de l’embranchement de la route menant au parc national. C’est d’ailleurs à cet endroit-là que commencent les difficultés puisqu’il nous faut encore parcourir neuf kilomètres sur une route franchement cabossée : nids-de-poule géants, cailloux demesurés, et tout ça avec de nombreuses montées et descentes… Avec notre petite citadine, nous avons donc pris le risque de rouler sur une route non goudronnée puisque nous voulions absolument voir de nos propres yeux le fameux Rio Celeste.

D’ailleurs, puisque nous l’avons fait, je peux vous assurer que c’est réalisable, mais au prix de sueurs intenses, que je ne vous conseille pas ! « Attends, on ne vient pas de rayer le pare-chocs là, non ? », « Sors de la voiture pour me guider ! », « Ah ! Le châssis vient de racler sur un caillou ! »… Vous voyez le truc ?! Inutile de préciser que dans notre cas, nous n’étions bien évidemment pas assurés sur les routes non goudronnées. Sans 4x4, c’est quand même une sacrée expédition, mais finalement en 20 minutes, emballé, c’est pesé.

La découverte du parc national peut commencer

 

À l’entrée du parc national se trouve une sorte de mini musée des horreurs pour ceux qui apprécient le genre un peu gore : toute une panoplie de pots en verre renfermant têtes de boas coupées (je crois que c’était le pire !), serpents, scorpions, araignées ou autres animaux encore plus étranges les uns que les autres. Tous provenant du parc bien évidemment ! Allez, sur ce, on prend son courage à deux mains et on se lance dans une randonnée de trois à quatre heures.

Le sentier s’enfonce dans la forêt pluvieuse, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est humide… et boueux ! La forêt reçoit en effet plus de 4.000 milimètres d’eau par an, les sols sont donc glissants, les promeneurs dérapent souvent et finissent couverts de boue.

Notre premier arrêt se fait à l’endroit le plus connu et apprécié du parc : la cascade du Rio Celeste. À cet endroit, l’eau possède une couleur magnifique, d’un bleu surréel. La vue en hauteur de cette impressionnante chute d’eau se jettant dans un lac d’un bleu laiteux, entourée de jungle verte, est absolument incroyable.

Tout au long de la randonnée, de nombreux points de vue sur le volcan et les massifs environnants sont à découvrir, mais malheureusement, tout comme pour le volcan Arenal, le sommet du majestueux volcan Tenorio est quasiment tout le temps couverte par une forêt de nuages.

Des bains bouillonnants et des émanations de gaz apparaitront également par endroits. Avec l’humidité ambiante, toutes ces couleurs et ce jacuzzi naturel nous donnent envie de nous jeter à l’eau, mais la baignade est interdite dans le parc national ! On restera donc frustrés toute la randonnée.

En remontant le Rio Celeste, on croise la magnifique laguna Azul, qui porte bien son nom. C’est sans aucun doute le plus beau lac que nous ayons jamais vu. Même les superbes trous bleus du Vanuatu ont du mal à rivaliser avec une telle couleur !

Quelques ponts de fortune plus loin, on atteint le « lieu de naissance » du Rio Celeste, là où tout commence. La magie de la nature, quand deux rivières non colorées se rencontrent et se transforment en un cours d’eau d’un bleu turquoise éclatant.

Pourquoi une telle couleur ?

Le Rio Celeste doit sa couleur à un phénomène chimique unique qui se produit au niveau d’un endroit appelé Teñidero. C’est à cet endroit que se rencontrent deux rivières non colorées : la Quebrada Agria qui possède un pH acide, et le Rio Buenavista qui est chargé en particules de silicates d’aluminium. Sous l’effet de l’arrivée de l’eau acide, la taille des particules minérales augmente, passant de 184 à 570 nanomètres. Une partie de ces particules sédimente (visible sur la photo par le dépôt blanc), mais la majeure partie des autres particules reste en suspension dans l’eau. À ce phénomène chimique s’ajoute aussi un phénomène optique, puisque les particules de minéraux en suspension reflètent la lumière d’une telle façon qu’elles apparaissent pour le plus grand plaisir de l’oeil humain d’une couleur bleu turquoise.

Et les animaux dans tout ça ?

C’est à ce moment-là que nous verrons notre premier serpent vert, nageant dans l’eau bleu turquoise de la rivière (on ne s’en lasse décidemment pas !). Non, ce n’est pas un tuyau d’arrosage !

Un peu plus loin, un coati au nez blanc pointe le bout de son museau et s’approche timidement de nous, sûrement à la recherche de nourriture, bien trop habitué aux visiteurs du parc national.

Le parc national Tenorio n’est pas le plus facile d’accès et nécessite souvent de faire un détour dans votre itinéraire, mais la vue du Rio Celeste est vraiment enchanteresque. On dirait une rivière tout droit sortie d’un dessin animé de Walt Disney.

Voyant les capacités exceptionnelles de notre petite 106 sur les routes défoncées du Costa Rica, nous décidons de repousser encore plus ses limites (et de ne pas tenir compte des avertissements des locaux !), en nous lançant à l’assaut de Monteverde. Ça promet !

Pour accéder au parc national Tenorio depuis La Fortuna, longez le lac Arenal jusqu’à rejoindre la bifurcation avec la piste 927 qui est située sur la droite de la route juste après Nuevo Arenal. En suivant cette piste vous passerez par Tierras Morenas, ce qui permet de rejoindre directement Bijagua située à deux pas du volcan Tenorio.

Ne faites pas la même erreur que nous ! Faute d’essence dans le réservoir, nous avons du faire un détour par Tilaran et Cañas avant de rejoindre Bijagua par la route 6, ce qui nous a empêché de couper par la piste 927 et qui aurait pu nous faire gagner un temps précieux. Avec nos détours, nous aurons mis 3h30 avant d’arriver au parc national Tenorio.

L’entrée du parc national coûte 6.500 Cs / pers. Comptez 1.000 Cs supplémentaires pour payer le parking sur place.

En prenant le temps d’apprécier chaque point d’observation, comptez entre trois et quatre heures de marche !

En sortant du parc national, nous dormirons à Cañas à l’Hotel Cañas, tenu par un gentil papy costaricien. Le lieu est sans aucun charme, mais c’est tout ce que l’on a pu trouver sur la route du retour ! Comptez 19.000 Cs / nuit.

Pensez à bien vérifier les prévisions météorologiques avant de faire tout le trajet pour vous rendre jusqu’au parc national, parce que s’il vient de pleuvoir, les particules ne sont plus visibles et la rivière reprend alors une couleur normale. Dans ce cas-là, vous ne pourrez pas apprécier la superbe vue de l’eau d’un bleu turquoise !

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