Costa Rica #3 – Rencontres animalières au parc national Manuel Antonio sur la côte Pacifique

Souvenez-vous, nous venions d’arriver à San José, sans aucune idée de la suite de notre itinéraire. Il est encore tôt et nous avons heureusement le temps de prendre un autre bus afin d’avancer dans notre périple. Un peu au hasard, nous décidons de changer complètement de cap… On embarque ainsi pour quatre heures de route, direction la côte Pacifique et le Parque Nacional Manuel Antonio ! (Bon, OK, j’avoue, on voulait se rendre au fabuleux – j’en suis sûre – parc national Corcovado, mais les hébergements étaient déjà malheureusement tous complets… Alors, si vous aussi vous souhaitez y aller, pensez à réserver suffisamment à l’avance).

Parc Manuel Antonio

Quepos, un bon plan hébergement

Quatre heures de bus, c’est long ! C’est donc tous poisseux que nous posons nos sacs à dos dans l’une des meilleures auberges de jeunesse du coin à Quepos, la ville la plus proche de l’entrée du parc national Manuel Antonio.

Située en bord de mer, cette petite ville n’a rien d’extraordinaire, il s’agit essentiellement d’un pied-à-terre agréable pour les petits budgets, et c’est assez touristique. En tout cas, si vous avez le temps, n’hésitez pas à aller admirer le coucher de soleil depuis le sommet de la digue, le ciel prend à cet instant des couleurs incroyables.

Coucher de soleil

Une nuée de touristes

La route sinueuse menant à l’entrée du parc national Manuel Antonio est jonchée de restaurants et de complexes hôteliers, conçus spécialement pour les touristes qui ne souhaitent pas se « frotter » à la population locale. Une fois sur place, le spectacle est stupéfiant… À peine le temps d’ouvrir les grilles du parc que déjà des dizaines de cars climatisés déposent une flopée de vieux retraités, coiffés de leur chapeau d’aventurier, et agrippant fermement un appareil photo et une paire de jumelles d’explorateur dans leurs mains. Répartis par groupes d’une quinzaine de personnes, ces aventuriers de l’extrême partent à la queue leu-leu à l’assaut de Manuel Antonio accompagnés de leurs guides. Le chemin principal qui s’enfonce dans le parc national devient ainsi une vraie autoroute à touristes ! Et parfois, quand certains groupes prennent trop de temps pour observer un paresseux, cela provoque même des bouchons… Mais que fait Bison Futé ?!

Alors vous aussi, lorsque vous passerez les grilles d’entrée de Manuel Antonio, vous n’y couperez pas, quelques guides téméraires vous approcheront pour vous proposer leurs services. Et leur discours est plutôt rodé !

– « Vous voulez un guide pour voir les animaux ? »

– « Non merci, on va aller se promener tous seuls. »

– « Ah OK, alors vous ne voulez pas voir d’animaux ?! Parce que vous ne verrez rien sans guide ! »

(Moment de blanc, d’hésitation, de doute…)

– « Euh… Ben c’est à dire que, vu qu’il y a un guide tous les 100 mètres environ, c’est quand même difficile de rater quoique ce soit ! Mais merci quand même ! »

Vente de noix de coco

Un véritable coin de paradis

Le parc national Manuel Antonio, d’une surface de 1 983 hectares, est le plus petit parc du Costa Rica, mais également le plus touristique. Sachez-le. Rien que pour cela, nous avions beaucoup hésité avant d’y aller, mais il s’avère que le parc est absolument magnifique et vaut véritablement le détour. Il a même été classé par la revue Forbes en 2011 parmi les 12 plus beaux parcs nationaux du monde.

Playa Manuel Antonio

Sentiers dans la jungle, plages de sable blanc et falaises côtières

Armés de notre plan du parc national, nous suivons les quelques chemins de « randonnée » (quelques centaines de mètres à chaque fois, alors le terme est assez fort !) que possède Manuel Antonio. Ils sont pour la plupart très bien balisés puisque bétonnés. Les chemins traversent la forêt humide ou longent les plages paradisiaques. En prenant parfois de la hauteur, certains passages offrent des vues époustouflantes sur l’océan Pacifique notamment. Mais en dehors de son environnement, ce qui fait l’intérêt de ce parc, c’est la quantité impressionnante d’animaux en tout genre qui peuplent la zone. Impossible d’en ressortir bredouille !

Paresseux

Une farandole d’animaux

Sur les 650 mètres du chemin menant à La Cascada, nous aurons la chance de découvrir deux superbes grenouilles venimeuses (Dendrobates auratus), en pleine tentative d’accouplement. Elles étaient tellement excitées qu’on a mis plus de 30 minutes pour obtenir une seule photo à peu près nette ! Ces minuscules batraciens mesurent de deux à sept centimètres et sont si teintés de couleurs éclatantes qu’on les surnomme les « grenouilles peintes ». Également connues sous le nom de poison dart frog, ces grenouilles sont toxiques à cause d’une substance fabriquée par leur peau : la batrachotoxine, qui est 250 fois plus puissante que le curare, quand même ! Pour l’anecdote, certains indiens enduiraient d’ailleurs leurs flèches de ce poison avant de partir à la chasse.

Grenouilles vénéneuses (Dendrobates auratus)

Quelques mètres plus loin, nous poursuivons sur le sentier Mirador Punta Serrucho, qui offre une vue à couper le souffle sur les falaises côtières.

Parc Manuel Antonio

En passant devant la plage Gemelas, nous décidons de nous arrêter pour pique-niquer (comment ça, il n’est que 11h ?!), le timing est parfait puisque nous aurons droit à une farandole d’animaux sauvages.

Playa Gemelas

C’est l’heure du show !

On ne savait plus où donner de la tête. Cette plage, c’est littéralement le RASVDA, comprenez le Rassemblement des Animaux Sauvages Voleurs aux Dents Acérées ! Un groupe de sapajous (Cebus capucines) dérobent sous nos yeux un répulsif anti-moustiques et une crème solaire, qu’ils se disputent un sacré moment. Finalement, tous ces capucins se retrouvent mouillés et aspergés de produits qui les démangent et leur brûlent les yeux et la peau !

Sapajou capucins (Cebus capucines)

Une âme charitable a bien essayé de leur reprendre ces produits pour éviter qu’ils ne s’intoxiquent, mais rien à faire, face à des rangées de dents prêtes à mordre, tout le monde a reculé d’un bond. Du coup, en photo, ça donne un enchevêtrement de singes en furie.

Sapajou capucins (Cebus capucines)

En même temps, il nous a fallu gérer avec l’apparition soudaine d’un paresseux à moins d’un mètre de nous, cherchant assidument de la nourriture. Imaginez le cri d’une touriste en délire : « Par iciii, lààà, regardeeez, un paresseuuux ! Wouahhh !!! ».

Paresseux

Puis un énooorme iguane au regard assassin est venu s’installer entre les touristes qui bronzaient, histoire de faire distraction pendant que le paresseux se faisait la malle. (On a l’impression que c’est mou du genou cette bête là, mais je vous assure que ça peut détaler à une vitesse folle !).

Iguane

Et enfin, un groupe de ratons laveurs chapardeurs sont arrivés en courant, se sont mis à ouvrir les sacs plein de nourritures, et à voler tout ce qu’ils pouvaient… C’est ainsi qu’une touriste a manqué de rentrer chez elle… sans culotte.

Paresseux

Moralité, si vous souhaitez voir des dizaines d’animaux, rendez-vous directement sur cette plage Gemelas, c’est leur repère, je vous le dis !

Sapajou capucins (Cebus capucines)

En poursuivant notre chemin, le parc nous apparait d’un coup beaucoup plus calme. Les touristes sont soit déjà repartis, soit agglutinés sur les superbes plages (en même temps, vu la chaleur qu’il faisait, on ne va pas leur jeter la pierre hein !). Nous tomberons face à face avec un bébé paresseux, il n’est pas trop mignon ?!

Paresseux

Une petite pause fraîcheur

Dans un dernier effort, accablés par la chaleur, nous nous rendons par le sentier Catedral sur un isthme au milieu duquel se trouve une forêt dense, la Punta Catedral. La formation de cet isthme a fait naître deux superbes plages : la Playa Manuel Antonio, idéale pour la baignade, c’est celle qui possède le plus de charme selon moi, ainsi que la Playa Espadilla Sur.

Parc Manuel Antonio

Afin de nous rafraîchir, et avant que le parc ne ferme, nous allons tout de même nous baigner dans cette superbe eau turquoise entourée d’une végétation magnifique, tropicale et dense. Ah ben non, oubliez le mot rafraîchir, l’eau doit bien être à plus de 35 degrés 🙂

Parc Manuel Antonio

Le clou du spectacle

Après une recherche intensive, nous verrons enfin la dernière espèce de singes vivant au Costa Rica et qui manquait à notre « checklist animalière » : les fameux singes écureuils (ou Saïmiris), les plus petits singes du Costa Rica.

singes écureuils

Il s’agit d’une espèce en danger d’extinction car il n’en resterait plus que 1.500 à Manuel Antonio, l’un des derniers refuges. Pour maximiser vos chances d’observer ces imprévisibles « stars » du parc difficiles à capturer avec un appareil photo, attendez vraiment la fermeture du parc, quand il est pratiquement vidé de ses touristes et que les animaux commencent à reprendre leurs droits.

singes écureuils

singes écureuils

Il faut bien compter une journée entière pour explorer tout ce que le parc national Manuel Antonio a à offrir. Par contre, ne vous attendez pas à un endroit intime ou très sauvage, c’est plein de touristes, mais cela donne une bonne approche de la faune et la flore du pays. Nous avons beaucoup aimé cet endroit, qui permet d’allier rencontres animalières et moments de détente sur les superbes plages.

En attendant, cela ne résout pas le problème que nous avons avec notre itinéraire (mais qu’est-ce qu’on est mal organisés pour ce voyage !)… Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?!

INFOS & ASTUCES

#1 : Comptez une journée de bus pour vous rendre de San José au parc national Manuel Antonio. Nous avons pris le bus de 9h. Temps de trajet : 8 heures pour 157 km. Prix : 4.045 Cs/pers.

#2 : Nuit à Quepos : Au Wide Mouth Frog Hotel, une auberge de jeunesse vraiment très sympa avec une piscine intérieure et située en plein centre-ville (mais calme). Chambre double sans climatisation (seulement un ventilateur), toute petite mais agréable. Prix : 18.900 Cs/nuit (environ $35).

#3 : On ne donne pas beaucoup d’adresses de restaurant, mais on a eu un coup de cœur pour ce petit boui-boui local : le soda Junior tenu par celui qu’on appelait familièrement « Papi », où on peut manger de délicieux et copieux casadas. Les jus de fruits frais à la mûre sont à tomber par terre. Attention, par contre je vous préviens, ça ne paye pas de mine et si vous souhaitez le grand luxe, passez votre chemin !

#4 : Les bus en direction du parc national partent de la gare routière de Quepos à partir de 6h, puis toutes les 30 minutes. Comptez 30 minutes de trajet pour 7 km. Prix : 620 Cs.

#5 : Le parc ouvre de 7h à 16h, du mardi au dimanche. Il est fermé les lundis pour laisser les animaux respirer un peu ! Entrée : 16$/personne. L’accès est limité à 600 visiteurs la journée et 800 pendant les week-ends et vacances scolaires, je vous conseille donc d’y aller relativement tôt.

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